Pour un artisan ou un freelance, créer un site internet ressemble à première vue à la même chose peu importe le statut juridique. C'est presque vrai. La différence, c'est que le statut auto-entrepreneur impose des mentions légales précises sur le site — et que beaucoup les oublient au moment de mettre leur site en ligne.
Ce guide va droit au but : ce qu'un auto-entrepreneur est obligé d'afficher, les pages vraiment utiles, quelle solution correspond à votre budget réel, et comment être trouvé par des clients qui ne vous connaissent pas encore.
Ce qu'il faut retenir
- Aucune loi n'oblige un auto-entrepreneur à avoir un site internet. Mais si vous en avez un, certaines mentions sont obligatoires.
- Le SIRET, votre statut et la mention TVA sont les trois informations que vous ne pouvez pas oublier sur votre site.
- 5 pages bien rédigées valent mieux que 20 pages à moitié vides.
- Sur 3 ans, un site sur mesure coûte souvent moins cher qu'un abonnement Wix — et vous possédez le résultat.
- Votre fiche Google Business doit être créée avant même votre site. C'est gratuit et visible dans les 48 heures.
Un auto-entrepreneur est-il obligé d'avoir un site internet ?
Non. Il n'existe aucune obligation légale d'avoir un site internet pour exercer en auto-entrepreneur. Vous pouvez tout à fait démarrer sans.
Mais si vous avez un site — même un simple site vitrine — et que vous proposez des services ou des produits en ligne, vous êtes soumis à la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN). Cette loi impose d'afficher certaines informations précises, accessibles en un clic depuis n'importe quelle page.
Et concrètement ? En 2026, 88 % des consommateurs cherchent un professionnel sur internet avant de le contacter. Sans site, vous êtes invisible pour tous ceux qui ne vous connaissent pas encore. Le statut juridique ne change pas le comportement de vos clients.
Les mentions légales obligatoires sur votre site
C'est le point qui distingue vraiment un site d'auto-entrepreneur d'un site de particulier. Voici ce que la loi impose.
Ce que vous devez afficher :
- Vos prénom et nom (ou votre dénomination commerciale si vous en avez une)
- Votre adresse : peut être une boite postale ou une adresse de domiciliation si vous travaillez depuis chez vous
- Votre numéro SIRET : obligatoire dès que vous exercez une activité en ligne
- La mention de votre statut : « Micro-entrepreneur » ou « Entrepreneur individuel »
- Le numéro RCS si vous exercez une activité commerciale, ou RM si vous êtes artisan immatriculé
- La mention TVA : si vous n'êtes pas encore assujetti à la TVA (seuils 2026 : 36 800 € pour les services, 91 900 € pour les ventes), vous devez écrire « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur vos pages et vos devis
Si vous vendez directement en ligne (e-commerce) :
- Conditions générales de vente (CGV)
- Droit de rétractation de 14 jours pour les particuliers
- Politique de confidentialité (données personnelles, RGPD)
Une page « Mentions légales » en pied de site, accessible depuis toutes les pages, suffit généralement à regrouper ces informations. Pas besoin de les afficher en gros sur la page d'accueil.
Quelles pages pour un site d'auto-entrepreneur ?
Pas besoin de 20 pages. Un site vitrine efficace pour un auto-entrepreneur tient souvent en 5 pages bien rédigées.
Les pages indispensables :
- Accueil : qui vous êtes, ce que vous faites, votre zone géographique. Un bouton d'appel ou un formulaire visible sans défiler
- Services / Prestations : ce que vous proposez, vos tarifs si vous êtes à l'aise pour les afficher, votre délai d'intervention
- À propos : votre parcours, ce qui vous différencie. C'est souvent la page la plus lue après l'accueil
- Contact : un formulaire simple, ou votre email et votre téléphone — les deux si possible
- Mentions légales : obligatoire (voir ci-dessus)
Les pages utiles, mais non urgentes :
- Portfolio ou galerie de réalisations (très efficace pour les artisans et les métiers créatifs)
- FAQ : pour répondre aux questions récurrentes avant même que le client vous appelle
- Blog : si vous avez du temps, c'est l'un des meilleurs leviers de référencement sur le long terme
Nathalie est sophrologue indépendante à Rennes. Elle a créé son site avec 5 pages en deux semaines. Pas de blog, pas de portfolio. Juste une présentation claire de ses séances, ses tarifs, sa zone d'intervention et un formulaire de contact. En trois mois, elle reçoit 4 à 6 demandes par semaine depuis Google — sans avoir publié un seul post sur les réseaux sociaux.
Un site court qui dit l'essentiel vaut mieux qu'un site à 20 pages à moitié vides.
Quelle solution choisir selon votre budget ?
Trois options principales, avec leurs réalités pour un auto-entrepreneur.
Constructeur de site (Wix, Squarespace, Canva…)
Entre 17 et 25 € par mois selon le plan. Sur trois ans, c'est entre 600 et 900 € pour un site que vous ne possédez pas. Si vous arrêtez de payer, le site disparaît. Ça convient pour tester une activité rapidement ou pour une présence en ligne temporaire.
Développeur ou freelance sur mesure
Entre 800 et 1 500 € en paiement unique pour un site vitrine simple. Vous possédez le code. Pas d'abonnement, juste l'hébergement (5 à 10 € par mois). Sur trois ans, l'écart avec un constructeur se resserre vite — et vous restez propriétaire de ce que vous avez payé. Pour les fourchettes détaillées par type de prestataire, consultez le comparatif des vrais tarifs d'un site professionnel.
WordPress en autonomie
Possible, mais exige du temps et un minimum de curiosité technique. Pour un auto-entrepreneur qui préfère se concentrer sur son activité, c'est souvent une contrainte sous-estimée. Pour comparer les trois options en détail, le guide complet sur la création d'un site vitrine couvre aussi les erreurs à éviter selon votre situation.
Thomas est consultant indépendant en ressources humaines. En 2023, il opte pour Wix à 23 € par mois. Deux ans plus tard, il veut ajouter un module de prise de rendez-vous. Wix le propose — contre 35 € par mois. Il préfère faire refaire son site par un freelance pour 1 100 €. Il amortit l'investissement en 14 mois et possède désormais un site qu'il peut modifier sans surprises sur la facture.
Comment être trouvé sur Google en tant qu'auto-entrepreneur ?
Le statut auto-entrepreneur ne change rien pour Google. Ce qui compte, c'est votre site et votre présence locale.
La fiche Google Business en premier
C'est gratuit, ça prend 30 minutes, et c'est ce qui vous fait apparaître dans Google Maps quand quelqu'un cherche votre métier dans votre ville. Créez-la avant même votre site. Pour la mettre en place correctement, consultez le guide Google Business pour artisans et indépendants.
Votre ville dans le contenu de votre site
Mentionnez naturellement votre ville et votre zone d'intervention dans les titres et les textes de votre site. « Graphiste auto-entrepreneur à Nantes » ou « Menuisier indépendant en Île-de-France » aide Google à vous associer à des recherches locales précises.
Un nom de domaine professionnel
Évitez les sous-domaines gratuits (monsite.wix.com). Un nom de domaine à votre nom ou à celui de votre activité coûte entre 10 et 15 € par an. C'est plus crédible et mieux perçu par Google.
Comptez 1 à 3 mois après la mise en ligne pour que Google référence correctement votre site. Ce n'est pas instantané, mais c'est durable. Si vous avez besoin de résultats immédiats, la fiche Google Business reste votre meilleur levier à court terme.
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur peut-il déduire le coût de son site ?
Non, pas en régime micro-entrepreneur. Avec ce statut, vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles : vous payez vos cotisations sur votre chiffre d'affaires brut, avec un abattement forfaitaire. Pour déduire des dépenses professionnelles, il faut passer à l'entreprise individuelle au réel ou à une société (EURL, SASU). Le coût du site devient alors une charge déductible.
Faut-il un site si je travaille uniquement en B2B ?
Oui, d'autant plus. Vos clients professionnels vérifieront votre présence en ligne avant de vous confier un contrat. Une page LinkedIn ne remplace pas un site : elle ne vous positionne pas sur Google, ne permet pas de formulaire personnalisé, et dépend d'un algorithme que vous ne contrôlez pas.
Puis-je vendre des produits sur mon site auto-entrepreneur ?
Oui, mais cela devient un site e-commerce avec des obligations supplémentaires : CGV, droit de rétractation de 14 jours, mentions sur les délais de livraison. Le statut auto-entrepreneur est compatible avec la vente en ligne, mais veillez à surveiller les seuils de TVA si votre activité décolle.
Une page Instagram suffit-elle pour un auto-entrepreneur ?
Pour certaines activités visuelles (photographe, décorateur, créateur), Instagram est un bon outil de promotion. Mais il ne vous rend pas trouvable sur Google. Les deux se complètent : Instagram attire via les réseaux, le site capte les recherches Google locales.
Ce qu'il faut retenir
Un site internet n'est pas obligatoire pour exercer en auto-entrepreneur. Mais si vous en avez un, certaines mentions sont imposées par la loi : votre SIRET, votre statut, la mention TVA si vous n'êtes pas assujetti, et une adresse joignable.
Au-delà du légal, un site reste le meilleur levier pour être trouvé par des clients qui ne vous connaissent pas encore. Même un site à 5 pages, correctement référencé, peut générer des contacts chaque semaine sans effort quotidien de votre part.
Le statut change les obligations légales. Pas la façon dont vos clients vous cherchent.



